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16 septembre 2010 4 16 /09 /septembre /2010 17:58
 
  C03-03

 

Non à l'inspection-sanction à l'encontre de Ninon Bivès, 

élue du personnel et résistante pédagogique !

 

 

Alors que plusieurs rapports démentent l'efficacité de l'aide personnalisée, que des Inspecteurs doutent fortement de sa pertinence pour les élèves en difficulté, que le ministère s'interroge sur le bien-fondé du calendrier des évaluations CM2, pressions et répression continuent de s'abattre sur les enseignants du primaire en résistance qui dénoncent depuis 2008 ces réformes.

 

 

Mais las d'offrir une tribune aux enseignants en résistance qui médiatisent des sanctions parfois spectaculaires (suspensions, retrait d'emploi, blocage de promotion, mutation d'office, abaissement d'échelon, etc), les Inspecteurs d'Académie, tenus par le ministère de gérer ces gênants désobéisseurs, agissent désormais de façon plus discrète mais fort pernicieuse.

 

 

Ainsi en Tarn-et-Garonne, l'Inspecteur d'Académie n'a pas trouvé meilleure idée que d'attaquer sur le plan pédagogique une collègue engagée depuis la première heure dans ce mouvement de résistance. Après avoir commandité l'inspecteur de circonscription pour une évaluation du travail fourni par Ninon Bivès, il a co-rédigé et noté le rapport. Pourtant même la lecture attentive de celui-ci ne donne aucun élément pouvant justifier l'octroi d'une note si basse qu'elle ne s'inscrit pas dans la grille départementale de notation !

 

 

Les règles d'avancement de carrière font que cette note anormalement basse pourrait pénaliser financièrement jusqu'à la retraite cette enseignante. De plus, cela peut apparaître comme l'exercice d'une pression psychologique sur Mme Bivès et la volonté de jeter un discrédit sur elle, par ailleurs élue du personnel du SNUipp82.

 

 

Dans la pratique, les activités et projets coopératifs de la classe sont largement reconnus par les partenaires de l'école, tel l'OCCE, qui à plusieurs reprises a récompensé le travail de la classe par la remise de prix. Les élèves, quittant cette classe dans laquelle ils ont étudié trois années consécutives,  poursuivent leur scolarité de façon tout à fait satisfaisante au collège.

 

 

Malgré les courriers et les arguments avancés par une délégation du SNUipp82 reçue par l'Inspecteur d'Académie, celui-ci n'est pas revenu sur sa décision. C'est donc par la voie d'un recours hiérarchique auprès du Recteur de Toulouse que Ninon Bivès dénonce aujourd'hui, samedi 11 septembre 2010, cette sanction qui tait son nom, demandant la révision de cette note, note pédagogique et non administrative dans l'enseignement primaire.

 

Avec notre collègue Ninon Bivès, nous demandons la levée de cette sanction injustifiée et perverse.

 

Premiers signataires : Réseau des enseignants du primaire en résistance, SNUipp 82, ICEM 82...

Signer le communiqué (pour les organisations) Signer le communiqué (individuellement)

 

 

 


In Café Pédagogique

 

Lettre ouverte de Hubert Montagner

 

Chère Ninon BIVES,

 

J'admire très sincèrement votre courage, votre détermination et, finalement, votre sens du devoir, de la déontologie et de l'éthique au service des enfants-élèves... Vos amis désobéisseurs et vous-même donnez de véritables leçons de morale et d'honnêteté intellectuelle aux Inspecteurs d'Académie qui se réfugient derrière les attentes de l'administration au mépris des considérations humaines. Ils "oublient" que l'école et les enfants ne leur appartiennent pas. Il est temps que l'opinion publique prenne enfin conscience que, malgré le dévouement, la générosité et la compétence de la grande majorité des enseignants, l'école de la FRANCE n'en finit pas de sombrer. Les conclusions de toutes les études et enquêtes internationales sont convergentes, même si les chiffres doivent être relativisés.

Un livre bien documenté vient nous rappeler la situation critique et ubuesque de notre système éducatif. Ecrit par le grand reporter à TIME MAGAZINE, Peter GUMBEL, et publié à PARIS chez GRASSET, il est intitulé "On achève bien les écoliers". Cet ouvrage s'appuie notamment sur les études internationales Pisa qui soulignent que "les jeunes Français sont les plus angoissés : 71% des élèves sont régulièrement sujets à l'irritabilité, 63% souffrent de nervosité et 40% d'insomnies". Peter GUMBEL nous fait passer des messages "terrifiants", qui font mal mais qu'on ne peut ignorer. Quelques-uns sont publiés dans le Journal du Dimanche du 12 septembre 2010 : "Les élèves français n'ont pas confiance en eux [...] ils sont terrifiés à l'idée de commettre des erreurs [...] la peur de l'échec les ronge [...] on pointe du doigt les lacunes des élèves et on ne prend jamais en compte les facteurs de confiance en soi et d'épanouissement [...] Les professeurs sont prisonniers d'un système qui les enferme dans l'obsession de terminer le programme à tout prix [...] Et tant pis si on perd en chemin les trois quarts des élèves" (souligné par Hubert Montagner) [...] "Des efforts ont été faits mais les Français sont les champions du monde du redoublement [...] C'est un système qui note pour sélectionner et non pour former [...] C'est un système impitoyable qui a sacralisé des évaluations mettant les élèves sous pression, une culture de l'excellence, certes, mais qui enfonce les élèves les plus faibles plutôt qu'il ne les aide à se relever [...] La transmission des savoirs par le ludique manque cruellement [...] Pourquoi la France est-elle le seul pays au monde à décourager ses enfants au nom de ce qu'ils ne sont pas, plutôt que les encourager en vertu de ce qu'ils sont ?".

En toute humilité et modestie, c'est exactement ce que de nombreuses personnes averties et moi-même ne cessons de dire et d'écrire depuis de nombreuses années, non pas à partir d'analyses égoïstes, d'intérêts personnels, de délires ou de fantasmes, mais en nous fondant sur les données de la recherche fondamentale, les observations cliniques, les propos et le vécu des parents et enseignants attentifs. Pour résumer et en me limitant à quelques aspects :

  • il faut refonder l'école pour que son organisation, son mode de fonctionnement, ses stratégies relationnelles, ses systèmes de dialogues, de concertations et d'échanges, son aménagement du temps et ses aménagements de l'espace puissent permettre aux enfants-élèves, à tous les enfants-élèves, de prendre ou reprendre confiance en soi et dans autrui, et de développer peu ou prou l'estime de soi. Il faut pour cela que chacun puisse s'installer et se conforter dans la sécurité affective (le sentiment de ne pas être abandonné, délaissé, oublié, maltraité, en danger), libérer et faire partager ses émotions ;
  • il faut quitter l'obsession des apprentissages dits fondamentaux qui créent et renforcent l'anxiété de performance (la peur de mal faire) et les angoisses. On rappellera ici une enquête du Journal Libération qui rapportait en 2008 que 42% des jeunes partaient à l'école en ayant mal au ventre, c'est-à-dire, avec la peur au ventre, alors que 25% ne comprenaient pas ce qu'on leur demandait. L'appellation "apprentissages fondamentaux" implique qu'il y ait des apprentissages moins fondamentaux, voire secondaires ou même inutiles. Lesquels ? Pourquoi ? au nom de qui et au nom de quoi ? Les enfants seraient-ils programmés génétiquement ou culturellement pour être formatés dans les apprentissages dits fondamentaux (français, calcul, mathématiques) qui excluent les autres savoirs et connaissances ? En fait, en vérité et au fond, le système actuel ne serait-il pas délibérément conçu par ceux qui ont le pouvoir politique, économique... pour opérer une sélection sociale en faveur des enfants-élèves et des familles qui peuvent supporter le poids accru des apprentissages dits fondamentaux et en accepter l'idée... dès l'école maternelle?
  • dans l'ordre des priorités, il faut enfin donner une place prépondérante aux enfants et aux facteurs humains (personnels, familiaux, sociaux, culturels), et donc à une pédagogie ajustée aux possibilités et difficultés, espoirs et projets de chacun, et non pas à des programmes insensés qui sont irréalisables... sauf avec des "bons élèves", voire des "très bons élèves". Et encore ! Il faut enfin reconnaître que l'école doit être un lieu flexible et évolutif d'écoute, de bien-être, d'épanouissement, de reconnaissance des ressources et richesses humaines et intellectuelles de chacun, y compris ceux qui ne sont pas comme les autres, et de réussite diversifiée (combien de grands écrivains, peintres, musiciens, chercheurs, sportifs... ont été considérés comme des cancres à l'école, en tout cas comme des personnes psychologiquement et/ou intellectuellement limitées qui ne parviendraient jamais à s'installer dans une position sociale non précaire et/ou à accéder à un statut reconnu de personnalité de premier plan dans les domaines artistiques, intellectuels, sociaux, culturels, sportifs...
  • il faut que les activités ludiques aient toute leur place alors qu'elles sont réduites à une peau de chagrin dans les réformes du Ministre DARCOS (le Ministre CHATEL passe son temps à noyer le poisson par des déclarations... infantiles et simplistes) ;
  • Il faut repenser l'aménagement du temps dans la journée, la semaine et l'année alors que la conférence sur les "rythmes scolaires" n'est qu'une imposture et une manoeuve dilatoire pour aboutir à un constat d'impossibilité à cause des intérêts divergents, parfois d'ordre mercantile, de ses "composantes";
  • il faut repenser l'aménagement des espaces pour que chaque élève puisse se (re)construire dans l'alliance du corps et de la pensée ;
  • il faut être très attentifs aux déficits de sommeil et aux troubles du rythme veille-sommeil qui aggravent les difficultés des enfants-élèves en créant un système de concertation non stigmatisante entre les différentes personnes concernées sans renvoyer les enfants et les parents à leurs difficultés.

Les enseignants dits désobéisseurs, dont la plupart adhèrent aux grandes lignes de ce qui précède, ont ouvert une brèche dans un système déshumanisé qui conduit la majorité des enfants-élèves à l'échec, les familles à la désespérance et la souffrance, et la nation à sa perte. Merci pour les enfants, les familles, la société... mais aussi les enseignants eux-mêmes dont beaucoup sont en difficulté ou n'ont pas pris conscience de la gravité de la situation de l'école. Merci en particulier à vous, Ninon BIVES. Vous êtes admirable.

 

Très cordialement
Hubert Montagner

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Published by Sauvons l'Ecole - dans Pétitions
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surmely alain 16/09/2010 20:54



L’Ecole est le bien le plus précieux de la civilisation française


On ne peut que souscrire à ce qu'écrit Hubert Montagner sur notre système éducatif reposant,en apparence,sur le culte de la
performance.Il est peu probable,en effet,que l'Ecole en France reste longtemps cet espace permettant à tous ses élèves de développer leurs potentialités.Différentes études,fort savantes et
informées tendent même à montrer que déjà nous avons pris le chemin du déclin.Nous sommes beaucoup à le penser et à le dire :l’école témoigne d’un niveau de civilisation atteint par un
pays.Or beaucoup font du mal à l’Ecole en France et plus particulièrement à ses serviteurs.Si l’on veut commencer à dire l’état du système éducatif français il faut évoquer la réalité de la
condition enseignante en France.Les enseignants,les professeurs,les éducateurs ne sont plus que des « moyens humains »(l’expression,bien que connotée,est déjà problématique)voire des
variables d’ajustement.Dans le cas de Nina on devrait plutôt parler de cible.Si l’on part de ce « cas » si emblématique de la déliquescence d’une Ecole qui en est réduite à matraquer
ses meilleurs serviteurs on peut progresser et élargir notre réflexion.En effet,le système éducatif n’est pas à la peine seulement pour des raisons budgétaires comme nous l'explique cette affaire
d'exclusion qui ne dit pas son nom.Si la réussite pour tous,pour le plus grand nombre est un pari sur l'avenir,un pari résolument optimiste(fidèle en cela à la philosophie rousseauiste)sur
l'être humain,la culture de l'échec,de la dévalorisation peut aussi être érigée en politique.Cela est dramatique et produit une multitude d'effets négatifs sur l'ensemble de la société.L'économie
basée sur le marché dérégulé s'emploie à former des êtres dociles,soumis,incultes,dénués de tout esprit critique.C'est l'exigence qui est imposée au système éducatif.Mais pareille exigence
est-elle favorable à l'intérêt général,au bien public?Rien n'est moins sûr quand on considère que l'intelligence(qui se cultive contrairement à ce que beaucoup pensent!),le sens de
l'initiative,l'altruisme,le courage,la culture sont autant de biens que l'on inculque à la jeunesse et qui rendent une population plus forte pour affronter les défis de demain,les difficultés de
tous ordres.Une Ecole vidée de sa substance,mise au pas par des idéologies parfaitement étrangères à la culture éducative risque d'avoir des conséquences proprement catastrophiques sur la
France.Cela se mesurera en termes de décadence et de déclassement de la France sur la scène internationale.Malmener et mépriser ainsi l'Ecole de Rousseau,de Condorcet,de Jean Zay,d'Henri
Wallon....c'est rabaisser  la France.


 


 



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