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11 avril 2012 3 11 /04 /avril /2012 15:01

In Mediapart

 

C03-23
Alors que l'éducation est parvenue à s'imposer comme un thème majeur de la présidentielle, la plupart des candidats en faisant une priorité, nous sommes allés ces dernières semaines
à la rencontre des enseignants pour comprendre comment ils vivaient cette campagne et quelles étaient leurs attentes dans ce scrutin. « Jamais on n'a ressenti un tel enjeu autour de l'école », nous a ainsi confié une enseignante de primaire.
La question du vote enseignant concernant 800 000 agents est évidemment un enjeu crucial pour les candidats à la magistrature suprême. Longtemps considéré comme acquis à la gauche, l'électorat enseignant avait semblé montrer en 2007 que cette équation politique n'avait plus rien de systématique. Il y a cinq ans, le vote des profs s'était en effet largement éparpillé. Selon le sondage « sortis des urnes », Nicolas Sarkozy avait ainsi recueilli quelque 17 % des voix, François Bayrou 24 %, quand la candidate socialiste, Ségolène Royal, plafonnait à 41 % des voix.

Entre le parti socialiste et les profs, le désamour s’était installé sous le gouvernement Jospin avec l'épisode Claude Allègre et son « il faut dégraisser le mammouth », ainsi que ses nombreuses sorties sur l’absentéisme des profs. La sanction dans les urnes pour le candidat socialiste, en 2002, avait été terrible : à peine 19 % des voix enseignantes s’étaient portées sur Lionel Jospin au premier tour, les profs lui préférant souvent Jean-Pierre Chevènement, Noël Mamère ou Olivier Besancenot. En 2007, Ségolène Royal, ancienne ministre déléguée à l'enseignement sous la tutelle de Claude Allègre, malgré les appels au vote utile, ne soulève pas d’enthousiasme. Elle pâtit aussi de la diffusion d’une vidéo pirate dévastatrice où elle explique vouloir faire faire aux profs les « 35 heures à l'école », sans assumer cette assertion dans la campagne. 

Cette fois, le contexte n'est plus du tout le même. L'école a subi, depuis cinq ans, les suppressions massives de postes (75 000), la mise à terre de la formation des enseignants, une précarisation galopante du métier, sans parler des multiples expérimentations souvent très mal vécues comme le recrutement local dans les anciennes zones d'éducation prioritaire. Le monde enseignant est à bout de souffle, épuisé par la multitude de réformes qu’il a connues ces vingt dernières années.

 

Ce bilan pèsera lourd le 22 avril prochain. D'autant que les propositions (très radicales) du président-candidat – autonomie des établissements, remise en cause du temps de service, évaluation par le chef d'établissement – cristallisent les craintes du corps enseignant. Selon un récent sondage mené par l'Ifop, François Hollande arriverait largement en tête au premier tour chez les enseignants avec 46 % des intentions de vote. Moins par adhésion, le plus souvent, que par rejet du projet du candidat de l'UMP.

 

Anaïs et Christophe, sacrifiés sur l’autel de la réforme de la masterisation, voteront Hollande (nous disaient-ils dans notre première enquête) « sans grande conviction parce qu’il est temps que le président s’en aille. Cinq ans, c’est long. Dix ans, c’est une catastrophe pour le pays. »

© LD

Sandy Rico, prof d'EPS en ZEP se disait, elle, comme beaucoup de ses collègues « plutôt attirée par Mélenchon, mais je crois que je voterai Hollande, par sécurité. On a été malmenés pendant cinq ans et il faut vraiment que ça change ! »

La « très grande prudence » de Hollande

Pour le chercheur en science politique Frédéric Sawicki, qui mène depuis trois ans une recherche sur l’engagement citoyen et professionnel des enseignants français, contrairement à ce qu'avait pu faire croire le vote de 2007, l'ancrage à gauche des enseignants est profond. « Les enseignants restent la catégorie socioprofessionnelle la plus ancrée à gauche et dont l’ancrage sur le long terme ne se dément pas si on compare à d’autres groupes, comme les ouvriers par exemple. »

 

Si le passif avec le PS est réel, il relève que « François Hollande a adopté un discours d'une très grande prudence dans cette campagne ». La question explosive du statut des enseignants et de leurs obligations de service a été soigneusement remisée dans la campagne – même si, depuis des années les responsables d'éducation au PS n'ont pas caché qu'augmenter le temps de présence des enseignants était un de leurs objectifs. La proposition de rétablir 60 000 postes dans l'éducation était bien évidemment faite pour rassurer ce “grand corps malade” quant à ses priorités budgétaires. Même si, comme certains profs ont pu nous le dire, certains l'ont trouvée un peu « racoleuse » voire décalée par rapport à leurs attentes profondes de changement.

À droite, on ne semble en tout cas plus miser sur le vote enseignant mais plutôt sur le mécontentement et les angoisses des familles. « Il faut rappeler qu’en 2007, ce qui a été remarquable, c’était le très fort vote Bayrou, explique Frédéric Sawacki. Sans avoir laissé un bilan impérissable, il n’avait pas réformé à la hussarde et il était issu de leurs rangs. » S’il reste quelques sympathies pour le personnage, dans cette campagne, Hollande lui a coupé l’herbe sous le pied. « Après les suppressions massives de postes, son discours s’en tenant à la rigueur ne passe plus et, contrairement à 2007, on ne peut plus faire uniquement campagne sur les questions pédagogiques (le retour aux fondamentaux...– ndlr). » Les attentes sont telles qu'un discours trop tiède, ou proposant une forme de statu quo, n'est tout simplement pas audible.

Une jeune génération moins politisée

 

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Published by Sauvons l'Ecole - dans News
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