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Eddy Khaldi et Muriel Fitoussi,
La république contre son école
Démopolis, 2011
Eddy Khaldi et Muriel Fitoussi,
Main basse sur l'école
Démopolis, 2008

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Depuis de nombreux mois, la formation des maîtres est dans le collimateur du gouvernement avec le processus de « mastérisation ». Cette réforme aura des conséquences graves puisqu’elle
aura pour effet de dégrader la formation des enseignants dans le seul but de réaliser quelques économies. Visiblement, nos dirigeants ont une drôle de manière de hiérarchiser les priorités
puisqu’ils n’hésitent pas à dépenser 16,6 millions d’euros en une journée (soit près de 10% du coût total de la présidence française de l’Union européenne) pour organiser une petite bouffe entre
amis... Retour sur une réforme qui va participer à modifier dangereusement et fondamentalement notre système éducatif.
Peu de temps après son élection, Sarkozy décide unilatéralement d’engager le processus de mastérisation. Cela fait suite à la mise en
place, par le gouvernement, de la LRU (loi relative à l’autonomie des universités). Un puissant mouvement de refus a alors mobilisé les personnels et les étudiants des universités et de certains
IUFM.
Le mouvement demandait notamment l’arrêt de la réforme pour se donner le temps de la réflexion et de la concertation. L’engrenage de la mastérisation a alors été temporairement arrêté
puisqu’aucune maquette de master « métiers de l’enseignement n’a été habilitée ». La commission « Marois-Filâtre » et des groupes de travail ministériels sont mis en
place.
En juin 2009, le ministère passe outre les travaux de la commission et des groupes de réflexion et présente au vote du Conseil Supérieur de la Fonction publique des
décrets sur la mastérisation des personnels enseignants et d’éducation. Toutes les organisations syndicales de fonctionnaires CFDT, CGT, FO, FSU, Solidaires et Unsa refuseront dans un premier
temps de siéger. Certains décrets seront ensuite adoptés pendant les vacances scolaires.
En juin 2009 toujours, le bureau de la CPU (conférence des présidents d’universités) et le président Daniel Filâtre décident de suspendre leur participation à la commission de concertation et de
suivi de la formation des maîtres. Ils décident de continuer à réfléchir de leur côté avec les conférences de directeurs d’IUFM, de lettres et de sciences.
Un risque important de précarisation des personnels enseignants
Pour devenir enseignants avec titularisation dans la Fonction publique, il faudra réussir au concours et avoir un master 2. Au vu de la tendance à la suppression
des postes de fonctionnaires et de la baisse du nombre de postes au concours, il y a fort à parier que l’on se retrouve avec de plus en plus de personnes formées aux « métiers de
l’éducation » et détentrices d’un master mais qui n’ont pas le concours. Cette « main d’oeuvre » pourra alors venir gonfler les rangs de l’agence nationale de remplacement avec des
contrats précaires...
Une formation dégradée et inégale
La suite...
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