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Eddy Khaldi et Muriel Fitoussi,
La république contre son école
Démopolis, 2011
Eddy Khaldi et Muriel Fitoussi,
Main basse sur l'école
Démopolis, 2008

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La fin des disciplines à l’Université de St Quentin en Yvelines : quels enjeux ?
Que se passe-t-il
à St-Quentin-en-Yvelines ?
Restructurations et passages en force : éclatement de l’UFR SSH en micro-instituts-UFR définis en fonction d’axes thématiques (Institut d’Etudes Culturelles, Institut des langues et des études internationales, Institut Supérieur de Management), « Délégation globale de gestion » imposée à l’Unité Mixte de Recherche de sociologie, contre la volonté du laboratoire et aux dépens, donc, du CNRS… La lisibilité de ces mesures imposées au knout n’est pas immédiate : alors que partout ailleurs, c’est le regroupement et la « taille critique » qui prévalent, à Saint-Quentin en Yvelines, on se divise : les départements s’autonomisent, s’atomisent, et l’UFR des Sciences Sociales et des Humanités se trouve aujourd’hui réduite, de fait, à la sociologie, à l’économie et à la géographie...
Evaluée à l’échelle des Pôles de Recherche et d’Enseignement Supérieur et de la juteuse opération du « plateau de Saclay », conjuguée au clientélisme structurel induit par la LRU, cette nouvelle façon de réformer prend sens cependant :
l’éclatement des structures permet dans un premier temps de remplacer leur définition et leur structure disciplinaires par des axes thématiques : ceux-ci excluent tout un
ensemble de contenus, de savoirs, de pistes dans les disciplines concernées d’une part (sans possibilité de retour en arrière, qui plus est, puisque les axes « chapeautent » les
regroupements d’enseignants-chercheurs et de chercheurs) ; ils impliquent d’emblée un pilotage politique de la recherche, de ses découpages, de son interaction avec les formations en
outre ; et ils rendront définitivement plus aisé ce pilotage. Il n’est que de comparer l’importance éclatante accordée par l’ANR au financement de la recherche sur projets et à la définition
de ces projets en fonction d’axes thématiques pour mesurer le sens politique de cette destruction du « disciplinaire » et de son remplacement par le « thématique ».
dans un second temps, il est plus que probable que ces « instituts », qui vont travailler qui sur « études culturelles », qui sur « les enjeux éthiques de la
science », qui sur « l’histoire des progrès de l’humanité » (soyons fous) … auront le format adéquat à leur intégration dans des unités plus grandes, majoritairement pilotées et
organisées autour des sciences « dures », ces sciences qui font l’essentiel du plateau de Saclay . Ce qui est en jeu, ce n’est donc rien moins que l’instrumentalisation à très brève
échéance des anciennes sciences humaines et sociales par les sciences "dures". Les politiques territoriales ou les intérêts économiques et organisationnels à court terme des entreprises, liés aux
partenariats public-privé noués à cette occasion, auront également leur mot à dire.
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