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3 février 2012 5 03 /02 /février /2012 17:42

In Le blog de Pierre Jourde

 

C03-18L’UMP ne cesse de se gargariser de la réforme des universités, paraît-il l’une des «grandes réussites» du mandat Sarkozy. Il y a même des gens «de gauche» pour s’en féliciter, comme l’économiste Bernard Maris. Dans Le Monde du 17 janvier dernier, Alain Caillé et Marcel Gauchet rappelaient à quel point cette «autonomie» est un trompe-l’œil, et une énième réforme cache-misère pour une université en voie de ruine complète. Il suffit de vivre l’université de l’intérieur pour se rendre compte à quel point tout le monde est désormais désabusé.


Or on ne peut pas bien faire fonctionner une institution avec des gens que l’on a dégoûtés. Et s’ils sont écœurés, c’est pour deux raisons: Non seulement parce que l’institution ne cesse de se dégrader, pour les étudiants comme pour les enseignants, les personnels, le fonctionnement de la recherche, mais aussi parce que la propagande du gouvernement, relayée par des journalistes qui le plus souvent ignorent tout de l’université, a réussi à faire croire qu’il avait profondément amélioré le système. Alain Caillé et Marcel Gauchet font là-dessus des remarques essentielles. Je les résume en ajoutant quelques détails de mon cru.   


Ils partent de cette dernière preuve flagrante d’«autonomie» que j'ai déjà évoquée: décidé à obtenir à tout prix de bons chiffres de réussite, le ministère, comme d’habitude, préfère trafiquer le thermomètre plutôt que de soigner le malade. Après toutes sortes de contorsions allant dans ce sens, dernière trouvaille, il impose désormais aux universités, dans la notation des étudiants, une compensation générale entre semestres. Autrement dit on fait un paquet avec les notes et une moyenne générale.


Première remarque : c’est enlever toute signification à une semestrialisation des études, qu’on nous a imposée il y a quelques années. Le système, à force de surajouter des réformes, finit par se contredire. C’est n’importe quoi. Semestrialisation des examens, globalisation des résultats.  


Deuxième remarque : c’est bien la preuve que cette autonomie est fausse, puisque le ministère ne cesse d’imposer toutes sortes de normes et de diktats aux universités qu’il prétend autonomes. La réalité de la belle «autonomie» est la suivante: l’état se défausse sur les universités de la pénurie financière. Il leur impose en revanche des obligations quant à leurs diplômes, et leur interdit de choisir leurs étudiants, contrairement aux grandes écoles. Concurrence déloyale. Les meilleurs étudiants se jettent sur les filières sélectives ET professionnalisantes, ce qui va ensemble, ça paraît assez évident. Constat dressé il y a deux ans dans le texte de la pétition «Refonder l’université»:


«Le processus engagé depuis déjà plusieurs décennies ne conduit pas à la réforme de l'Université française, mais à son contournement. (...) Une des principales raisons du marasme de l'Université française est qu'elle se trouve en situation de concurrence déloyale avec tout le reste du système d'enseignement supérieur (classes préparatoires et de BTS, IUT, écoles de tous types et de tous niveaux), toutes institutions en général mieux dotées per capita et davantage maîtresses du recrutement de leur public. On touche là à un des non-dits récurrents de toutes les réformes qui se sont succédé en France.»  


Troisième remarque : cette mesure permet à certains étudiants d’obtenir leur année avec de mauvaises notes dans les matières fondamentales, mais en revanche d’excellentes notes en sport ou options diverses, puisque l’état interdit également d’exiger un minimum dans les fondamentaux (les matières littéraires si vous êtes étudiant en lettres), Caillé et Gauchet résument parfaitement cette escroquerie de «l’autonomie»:


« Ne serait-il pas temps de comprendre que les universités ne sont pas "responsables" du taux d’échec dans leur premier cycle? Qu’on ne peut leur demander tout à la fois d’accueillir tout le public refusé ailleurs et de diplômer celui-ci? La population étudiante issue de baccalauréats professionnels, dont le taux d’échec en premier cycle universitaire avoisine les 90%, ne cesse d’augmenter. Faut-il rappeler que ces baccalauréats n’ont pas été conçus pour la poursuite d’études supérieures longues, et qu’il est donc insensé, au sens premier du terme, de reprocher à l’université de ne pas parvenir à diplômer tous ses lauréats? La sélection, absente à l’entrée de l’université, se réalise dans le cours des cursus, et l’injustice se trouve bien en amont des seules procédures d’examen. Si l’on veut réduire le taux d’échec universitaire, il faut repenser l’ensemble de l’enseignement supérieur, et notamment son premier cycle, et cesser de le dévaloriser aux yeux de nos étudiants et de nos personnels. Sous prétexte que les diplômes sont et doivent rester nationaux, le ministère continue de définir leurs modalités d’accès avec une ingérence sans équivalent dans les pays auxquels on s’ingénie à comparer sans cesse l’université française.»  


Pour ce qui est de la pénurie, elle est toujours là, et plus que jamais.

 

La suite...

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