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13 septembre 2010 1 13 /09 /septembre /2010 12:53

In Libération

 

Bizut. Avec quelques heures de formation pour tout bagage, David S., 25 ans, vient d’affronter sa première rentrée. Pour «Libération», il a accepté de raconter jour après jour ses débuts au collège.

 

C03-40.jpgTenir son journal de bord, des premières montées d’angoisse et d’excitation de l’été au face-à-face avec des classes de collégiens, David S., 25 ans, l’a accepté. Par envie de témoigner. Et pour «se faire un souvenir» de sa première rentrée de professeur-stagiaire d’histoire-géo dans le Val-de-Marne. Comme la plupart des 8 000 nouveaux enseignants du secondaire, il a été jeté dans l’arène, avec pour tout filet une formation express de deux jours. Avec la réforme de la formation (la masterisation) qui se met en place, les débutants ont en effet été nommés dans des classes juste après avoir réussi leur concours, sans y avoir été préparés. Alors que jusqu’ici, ils avaient une année de formation en alternance. Selon le ministère, l’an prochain ça ira mieux car la réforme sera plus huilée. En attendant, David S. a dû faire avec.

 

Vendredi 20 août

«Eh bien ce sera le Val-de-Marne ! Après les résultats du concours, après l’affectation dans l’académie de Créteil et après les vœux, je sais où je vais atterrir. Le plus sympa est d’apprendre que je vais faire le grand saut, pendu à une corde et harnaché à un baudrier. J’étais en sortie escalade dans les Pyrénées avec mon oncle quand, averti par ma copine, les choses sont devenues concrètes. Je ne suis plus seulement un nom sur une liste des reçus au Capes.

«A partir de ce moment, tout s’accélère, je dois rentrer à Paris, contacter le lycée. D’ailleurs aurai-je des collégiens ou des lycéens ? J’ai mille et une petites choses à faire. Mais l’excitation est bien là, et elle va sûrement se mélanger au stress dans les jours qui viennent. Pour l’instant je suis fier, je vais réaliser ce pour quoi j’ai travaillé toute l’année dernière et que je veux faire depuis la première.»

 

Lundi 23 août

«C’était bien la peine de se presser pour rentrer aussi tôt de vacances ! Impossible de joindre l’établissement. J’ai travaillé comme assistant d’éducation (surveillant) dans un collège deux ans auparavant, je connais donc les horaires de l’administration. Je mets en place un roulement pour essayer d’appeler à l’heure la plus stratégique. J’appelle toutes les demi-heures. Pas de résultats…»

 

Mardi 24 août

«Je n’ai toujours pas pu contacter mon établissement. Que faire ? Je regarde des forums de préparation au Capes et de professeurs. Certains conseillent de se rendre dans l’établissement immédiatement, d’autres de ne surtout pas mettre le chef d’établissement au pied du mur. Je navigue à vue, d’autant que je ne sais pas si je vais avoir des collégiens ou lycéens. Est-ce que je regarde à nouveau les programmes ? Est-ce que j’essaie de me renseigner sur la réforme ? Je verrai bien demain…»

 

Mercredi 25 août

«Nous sommes accueillis par le recteur de l’académie de Créteil à la fac de droit de la ville. Deux sentiments m’envahissent. Dans un premier temps, nous sommes abordés par les syndicats, qui distribuent tracts et matériel d’information. Je jette un rapide coup d’œil dessus. "Rentrée haute tension", "stagiaires formation bradée", ça promet. Je savais que la rentrée allait être dure, mais je ne savais pas encore à quelle sauce on serait mangés. Plusieurs rumeurs courent encore sur la réforme. Dans un second temps, plus enthousiasmant, je retrouve les collègues "préparationnaires" de mon université et de mon IUFM [institut universitaire de formation des maîtres, ndlr]. On se congratule pour notre réussite, on parle de classement au concours, on regrette ceux qui ont échoué et on échange sur nos établissements en calculant les temps de transport. Je suis plutôt chanceux, mon lycée se trouve à moins d’une demi-heure de mon domicile. Nous sommes ensuite invités à écouter le discours du recteur. Ce dernier présente l’académie et son fonctionnement. Mais quid de la réforme ? Les représentants syndicaux sont plus prolixes… Parmi les documents proposés, on retrouve un DVD fourni par le ministère. J’espère que la formation sera plus copieuse et plus humaine. J’ai tout de même appris que je vais enseigner en collège. Je dois aussi mentionner un épisode cocasse. Parmi les premières questions posées à la DPE [direction du personnel enseignant], on peut compter la suivante : "Si on veut démissionner, comment s’y prendre ?"»

 

Jeudi 26 août

«Je décide de ne pas me rendre à la deuxième journée, prévue pour régler les questions sociales. Je vais plutôt essayer d’avoir enfin mon établissement. En vain. Je me résous à une activité triviale mais que je crois importante : clôturer ou à défaut verrouiller mon compte Facebook, en commençant par ôter les photos les moins solennelles. Et à 15 heures, alléluia, le collège m’appelle pour me donner rendez-vous demain à 14 heures.»

 

Vendredi 27 août

«La visite de l’établissement me semble une étape primordiale. Il s’agit de ne pas se rater. Après une visite du site du lycée, j’imprime le plan. Autre moment fatidique : le choix de la tenue. Depuis les résultats du concours, je me demande comment m’habiller et quelle posture adopter devant le principal, les futurs collègues et surtout les élèves. Les rêveries sur les plages et les montagnes se concrétisent donc maintenant. Le collège est bien desservi, mais l’ensemble lycée-collège semble labyrinthique. Renseigné par une concierge absolument charmante, je me retrouve rapidement face au principal. Le contact est agréable, son résultat un peu moins : six classes, dix-huit heures de cours quand j’espérais en avoir seize, comme évoqué par le recteur. Surtout je n’ai pas de tuteur nommé, c’est-à-dire pas de référent-formateur. C’est ce qui m’inquiète le plus. Le principal me fait le tour du propriétaire, j’essaie d’imaginer les locaux avec les élèves. Je rencontre le personnel administratif et obtiens la clé des salles et de la grille d’entrée. Je rentre chez moi heureux et décidé à me mettre au travail. Mais construire un cours, comment ça marche ? Je décide donc de regarder les programmes en attendant la formation prévue après le week-end.»

 

Lundi 30 août

«Aujourd’hui, nous sommes en formation à Vitry (Val-de-Marne). Au programme, six heures de cours et de mise en situation. Le matin nous sommes accueillis par les inspecteurs. Comme avec le recteur, la réforme n’est pas vraiment abordée, il est préféré une entrée franche dans le vif du sujet. Je comprends assez vite que les inspecteurs décideront de notre sort à la fin de l’année. C’est-à-dire titularisation ou non. Cependant, ils insistent sur leur rôle de conseiller et diffusent largement différents moyens de les contacter. Autant le dire tout de suite, malgré l’ambiguïté de leur double fonction de conseil et d’évaluation, je les trouve bienveillants. Je pense ne pas hésiter trop longuement à m’appuyer sur eux. Le vif du sujet est complètement abordé, programmes, objectifs, mise en œuvre. Je passe la pause du midi avec mes amis-collègues. On essaie de parler un peu d’autre chose que du boulot, mais honnêtement, c’est dur ! La deuxième partie de la journée se déroule avec deux formateurs. Ils doivent nous permettre de prendre en charge nos classes. Les gros mots sont abordés : tenue de classe, gestion de classe, progression, séance, séquencé. De prime abord, je me sens perdu dans cette terminologie, mais elle fait sens au fur et à mesure. Cette première journée a été longue. Les informations sont plus qu’utiles, mais ma concentration baisse et je sens la saturation arriver.»

 

Mardi 31 août

«Cette seconde journée de formation est sensiblement identique à la première. On apprend à construire une séance (une heure de cours) et à l’intégrer dans une séquence (ensemble du chapitre). Transformer mes connaissances en cours compréhensible pour des élèves, et ce dans l’esprit du programme, ça ne va pas être facile. A noter le double discours entre les inspecteurs et les représentants du Snes[Syndicat national des enseignements du second degré] sur les tuteurs. Quand les uns nous assurent que nous en auront un, les autres prétendent le contraire ! A voir demain, jour de la rentrée des profs.»

 

La suite...

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Published by Sauvons l'Ecole - dans IUFM et formation
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