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22 septembre 2010 3 22 /09 /septembre /2010 14:47

In Education Blog le Monde

 

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Les conséquences de la réforme (dite « mastérisation ») de la formation initiale des enseignants se font maintenant sentir concrètement sur le terrain. Le renvoi à la responsabilité de chaque rectorat des modalités précises de sa mise en œuvre aboutit à un grande diversité des conditions auxquelles sont confrontés les nouveaux enseignants stagiaires.

 

La situation des instituts universitaires de la formation des maîtres (IUFM) est également diverse et difficile à cerner. Très techniques et, qui plus est, mouvantes, ces questions ne peuvent être abordées par les grands médias que de manière simplifiée. Après la blog-interview (partie 1 et partie 2) de Jean-Louis Auduc, directeur adjoint de l’IUFM de Créteil, nous revenons sur ce dossier avec la parole d’un autre de ses acteurs, André Ouzoulias. En voici la première partie.

 

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Vous êtes professeur à… comment dois-je dire ? À l’IUFM de Versailles, université de Cergy-Pontoise ? Ou dans l’ordre inverse ? Ou seulement à l’université ?

 

Je suis formateur à l’IUFM de l’académie de Versailles, école interne de l’Université de Cergy-Pontoise (UCP) depuis 2006, date à laquelle chaque IUFM a été intégré à une université. Il n’y a aucune raison d’opposer les deux institutions, l’une étant une composante de l’autre. Du point de vue administratif, mon poste est géré par l’université, mais au quotidien, c’est l’IUFM qui gère mes missions, à partir d’orientations et de règles fixées par les instances élues de l’université.

 

Nombre de mes collègues de l’IUFM participent naturellement à des masters de l’UCP, notamment des masters second degré. Beaucoup d’enseignants-chercheurs en poste à l’IUFM font partie d’un laboratoire de l’UCP. La jeune équipe ÉMA (école, mutations, apprentissages), composée pour l’essentiel de chercheurs en poste à l’IUFM, a co-organisé le semestre thématique de l’UCP (sur le thème Éduquer et transmettre : quelle école demain ?).

 

Des habitudes de travail en commun se sont installées avec la plupart des UFR. En somme, sans doute aussi un peu par la force des choses, l’intégration de l’IUFM dans l’UCP s’est plutôt bien réalisée et la « mastérisation » de la formation des enseignants n’a fait que l’accélérer et la consolider. Mais cela ne reflète peut-être pas la relation de tous les IUFM avec l’université qui les a intégrés.

 

Quelle est votre spécialité ? Comment définissez-vous votre rôle et vous situez-vous dans une discipline universitaire précise ?

 

Je suis professeur agrégé de philosophie. À l’IUFM, je suis nommé sur un poste de PRAG (professeur agrégé affecté dans l’enseignement supérieur). Avec mes collègues de l’IUFM philosophes, psychologues, sociologues et des sciences de l’éducation et avec mes collègues formateurs venant du premier degré, nous nous retrouvons dans un département « Philosophie, Sciences Humaines et Sociales ». Mon expérience dans la formation des maîtres du primaire fait que je travaille quasi exclusivement dans le contexte du premier degré et mon horaire a longtemps été consacré en majeure partie à la formation continue.

 

Maintenant, si je devais définir mon identité professionnelle, je revendiquerais volontiers l’étiquette peu orthodoxe de « psychopédagogue ». C’est ainsi que l’on qualifiait les professeurs de philosophie nommés dans les écoles normales d’instituteurs dans les années 80, dont j’ai fait partie. Cela correspondait au projet d’enrichir la formation des maîtres en articulant culture pédagogique et connaissances psychologiques sur le développement de l’enfant et les apprentissages.

 

Bien sûr, il y avait là une grande illusion : la connaissance livresque de la psychologie de l’enfant, si elle ne fait aucun mal, n’a pas d’influence directe sur le perfectionnement pratique des maîtres. L’exigence d’articuler la formation en psychologie avec des enjeux pratiques est donc fondamentale. Mais ce programme (lier psychologie et pédagogie, psychologie et didactique, au besoin pour les confronter, sur fond d’enjeux pratiques), programme qui ne va pas de soi, reconnaissons-le, n’a pas été vraiment mis en œuvre.

 

Au contraire, à partir des années 90, la logique des disciplines universitaires dans laquelle les IUFM ont dû rentrer a étiré les liens entre psychologie et pédagogie de même qu’entre les formateurs et les praticiens. Les possibilités de travail interdisciplinaire et pluricatégoriel  (praticiens, maîtres-formateurs, spécialistes des didactiques, chercheurs, etc.) se sont brutalement rétrécies.

 

J’en ai bien conscience, le mot « psychopédagogie » est une hérésie pour le partage des disciplines à l’université. Mais est-ce bien normal ? Est-il même normal que le mot « pédagogie » soit exclu de la liste officielle des disciplines universitaires. Et est-il normal que la didactique ne soit reconnue que par un petit nombre de disciplines, dont le français et les mathématiques ?

 

Je sais bien que ce mariage de la psychologie et de la pédagogie peut déclencher des sarcasmes, notamment parmi les antipédagogistes. Je crois qu’en fait, ils connaissent mal les travaux de ces vingt dernières années en psychologie cognitive, les débats pédagogiques qu’ils peuvent éclairer. La plupart me semblent avoir fondé leur opinion sur la lecture de vulgates un peu datées. 

 

Ceci dit, ce n’est pas le mot « psychopédagogie » qui m’importe, mais la réalité qu’elle désigne, à savoir l’effort pratique et théorique d’articuler effectivement l’ambition d’une école plus démocratique, des connaissances précises sur les apprentissages scolaires, les processus cognitifs qu’ils exigent et leurs difficultés, l’analyse fine des pratiques d’enseignement et la conceptions d’alternatives lorsque l’échec est avéré…

 

Vous avez été très actif dans le mouvement universitaire de 2009 et dans la coordination sur la formation des enseignants, opposée à l’actuelle réforme, dite « mastérisation ». Est-ce une bataille totalement et définitivement  perdue ?

 

La suite...

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Published by Sauvons l'Ecole - dans IUFM et formation
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