Partager l'article ! Fermeture de 5 collèges dans le même département. Qui dit mieux ?: In Le Mammouth Déchaîné Fermetures annoncées ...
Eddy Khaldi et Muriel Fitoussi,
La république contre son école
Démopolis, 2011
Eddy Khaldi et Muriel Fitoussi,
Main basse sur l'école
Démopolis, 2008

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X. Darcos, Paris Match.com du 27.08.08 : « Les établissements qui perdent des élèves conservent leurs moyens : ils ont ainsi des classes moins chargées. Si un
collège perd tous ses effectifs, il fermera. Mais c’est très loin d’être le cas. [...] ». (on en parlait déjà sur le Mammouth,
souvenez-vous)
Quand la preuve, en images, dépasse même les prévisions les plus optimistes...
Mammouth déchaîné — La Nouvelle république du Centre ouest nous apprenait au
milieu de la semaine dernière (exactement là ou encore là et là) que le Conseil Général de l’Indre-et-Loire allait fermer 5 à 6 établissements scolaires du second degré dans le département.
Opération à hauts risques effet. La présidente du CG, la socialiste Claude Roiron, parle de mesures « d’économies d’échelle », qui semblent faire, d’après ses déclarations, consensus au sein du CG.
Il en allait donc ainsi face au désengagement de l’Etat ? Le bon prétexte...
Depuis, les choses se précisent. Sur l’agglomération de Tours, des collèges
sont particulièrement visés : deux collèges de
ZEP (on dit désormais Ambition réussite). Deux petits établissements qui accueillent une population particulièrement fragilisée il est vrai, et qui connaissent une absence de mixité sociale.
Absence organisée par une politique sociale particulièrement mal gérée par la droite comme par la gauche. A Tours, le premier collège est au coeur du quartier du Sanitas, composé à 100 % de
logements sociaux (9000 habitants aujourd’hui), inauguré l’année ou Jean Royer accède à la mairie (1959). Le second à Saint-Pierre-des-Corps, ville communiste depuis 1920, au coeur de la
Rabaterie, quartier qui lui aussi résulte de l’urbanisme si en vogue dans les années 60 et 70, où vit là encore une population particulièrement défavorisée.
La suppression de la carte scolaire, comme effet d’aubaine ?
Libération reprend aujourd’hui l’argumentaire de la présidente du Conseil régional pour justifier
ces fermetures : les nécessaires économies et surtout la réduction des effectifs, inexorable. Enfin, inexorable surtout depuis l’assouplissement de la carte scolaire (mesure
Darcos) qui fait que les
classes moyennes - d’ou sortaient les élèves les meilleurs - fuient, malgré des taux de réussite au Brevet qui (au Sanitas au moins) restent honorables. Voilà ce qui offre une opportunité
inattendue pour justifier des » réductions d’échelle ».
Tant pis si les populations concernées devront désormais se déplacer pour être scolarisées : le Conseil général paiera bien une obole pour financer ces déplacements. Prendra-t-il en charge
toute la carte de bus ?
Transformer le mal en bien
Mieux encore pour le Conseil Général, voici
l’occasion rêvée pour mener une campagne contre la
ghettoisation de ces quartiers. La fermeture est un
outil pour casser le ghetto. Mais pourra-t-elle faire autre chose que cacher le bouton purulent où s’exprime la fièvre de ghetto ? En tout cas la campagne est lancée, sur le dos de ceux qui y
vivent. Encore en faudra-t-il pour les socialistes en capitaliser le profit.
Voici donc comment faire de mauvaise fortune bon coeur (comprendre : de la bonne propagande) : transformer une réduction organisée des moyens en une politique active en faveur d’une (certaine) idée
de la mixité sociale.
L’Indre-et-Loire constitue-t-il un laboratoire d’essai ?
La
suite...
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