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19 janvier 2012 4 19 /01 /janvier /2012 12:55

In Libération

 

 

InterviewEric Charbonnier, expert à la direction Education de l’OCDE.

 

Eric Charbonnier, expert à la direction Education de l’OCDE, analyse les inégalités qui marquent le système français de l’école à l’université, davantage que dans la plupart des autres pays développés.

L’école française est inégalitaire. A quoi cela se mesure-t-il ?

Toutes les enquêtes le prouvent : en France, les inégalités sociales ont un impact beaucoup plus grand sur la performance des élèves qu’ailleurs. Autrement dit, si vous venez d’un milieu défavorisé, vous avez moins de chance de réussir que dans de nombreux pays. Dans notre dernière étude Pisa (Programme international pour le suivi des acquis des élèves), nous avons constaté qu’avec un meilleur niveau socio-économique, un élève améliore ses résultats scolaires de 51 points en France contre 30 en moyenne dans l’OCDE. On a aussi noté un écart important entre les élèves issus de l’immigration et les «autochtones». Enfin, entre 2000 et 2009, en compréhension de l’écrit, les élèves en échec sont passés de 15% à 20%. Or souvent, ils sont issus de milieux défavorisés.

Il y a aussi des inégalités entre les établissements. Si on regarde les statistiques nationales, on voit que dans les Zones d’éducation prioritaire (ZEP), 75% des parents d’élèves sont ouvriers ou inactifs alors que dans un collège classique, ils sont autour de 35% - 40%. Or, c’est dans les ZEP que se concentre la difficulté scolaire.

Quels sont les pays bons élèves en termes d’équité sociale ?

Parmi ceux qui arrivent à associer qualité du système éducatif et équité sociale, on cite la Finlande - qui a une population bien plus homogène que la nôtre - ou encore le Canada, l’Australie, le Japon et la Corée. Tous ont mis en place une série de mesures pour lutter contre l’échec scolaire et aider les enfants de milieux défavorisés à rattraper leur retard. En dix ans, l’Allemagne et le Portugal, grâce à de nombreuses réformes, ont aussi beaucoup progressé.

Quelles méthodes emploie-t-on un peu partout ?

On pratique très peu le redoublement. La plupart du temps, on gère les difficultés des élèves avec du travail en petits groupes et du soutien dans l’école. On met aussi les moyens dans les établissements difficiles. Dans la ville de Shanghai, qui a de très bons résultats, les meilleurs enseignants et chefs d’établissement y sont affectés. En France, ce sont souvent des jeunes enseignants qui y sont, et qui partent ensuite le plus vite possible.

La France ne ferait-elle rien ?

Il y a des réformes qui vont un peu dans tous les sens : on veut créer des écoles d’excellence, diminuer le redoublement, changer les rythmes scolaires, mettre en place un «socle commun de connaissances et de compétences», etc. Beaucoup sont de bonnes idées, mais il manque une réforme globale visant l’échec scolaire et les inégalités.

Et ces inégalités se retrouvent dans le supérieur ?

Sur les quarante dernières années, la France a amélioré de façon remarquable le niveau d’éducation de sa population. Elle était en dessous de la moyenne de l’OCDE pour le pourcentage de diplômés du supérieur. Elle est maintenant au-dessus. Mais depuis dix ans, on observe une stagnation. L’échec scolaire augmente et il faut de bons élèves pour aller dans le supérieur. Or, les milieux défavorisés sont sous-représentés parmi eux. Mais ce n’est pas l’université qui accroît les inégalités. Elles commencent dès l’école élémentaire.

Et que pensez-vous de la dichotomie grandes écoles et universités ?

Les grandes écoles produisent des diplômés qui trouvent de bons emplois. Il faudrait les ouvrir davantage aux milieux défavorisés. Mais ce serait dommage de supprimer quelque chose qui marche. La réflexion doit porter sur l’université. Il faut lui donner toujours plus de moyens, diminuer le taux d’échec et rendre certaines filières plus attractives pour le monde de l’entreprise.

On dit que le diplôme est particulièrement important en France : vous êtes d’accord ?
La suite...

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Published by Sauvons l'Ecole - dans News
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