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29 février 2012 3 29 /02 /février /2012 14:45

In SarkoFrance

 

Ce mardi à Montpellier, Nicolas Sarkozy tenait meeting. Il avait pris la journée, son agenda de président était vide. Le thème du jour était l'éducation. La veille sur RTL, il avait lâché quelques bêtises sur l'évolution du nombre de professeurs et d'élèves. Ses conseillers expliquèrent ensuite que sa langue avait « fourché ».

Mais le pire était à venir. Le jour même, sa campagne avait été bousculé par une proposition de François Hollande sur TF1: le candidat socialiste avait créé la surprise en promettant de taxer à 75% les revenus supérieurs à un million d'euros par an.

Nicolas Sarkozy, auto-proclamé candidat du peuple, dénonça l'improvisation et la « folie fiscale ». Chassez le naturel, il revient au galop.
Depuis 5 ans, un massacre
En matière d'éducation, le bilan du Monarque est édifiant, terrifiant, assommant. Le voici brièvement résumé en 13 points. Treize, le chiffre du malheur.


1. Depuis 2007, Nicolas Sarkozy a réduit d'environ 15.000 les postes dans l'enseignement chaque année. Depuis 2000, près de 155.000 postes d'enseignants ont été supprimés en France.

2. Pourtant, les élèves sont en augmentation constante depuis 2006 dans le primaire (+59.000 en 5 ans), comme au collège (+41.000). A l'inverse, leur nombre semble fondre aux deux extrémités, en maternelle et au lycée (-67.000). Dans les deux cas, les moyens et programmes ont été drastiquement allégées.

3. Nicolas Sarkozy se cache derrière les internats d'excellence qui, paraît-il, font des merveilles. Mais l'offre de places reste marginale: 10.000 à la rentrée 2011, soit 0,8% des places disponibles au collège.

4. Nicolas Sarkozy a aussi réduit les horaires, au risque de surcharger les élèves.

5.  Président des familles, Nicolas Sarkozy a alourdi la charge d'encadrement des assistantes maternelles (de 8 à 12 enfants) afin de « créer » 40.000 places supplémentaires en crèches collectives.

6. Le taux de scolarisation à deux ans a chuté de 35% en 2002  à 13,6% en septembre 2010.

7. En décembre dernier, ultime provocation, le gouvernement promettait l'évaluation des professeurs par... le chef d'établissement (et non plus par les inspecteurs).

8. D'après l'OCDE, la France est l’un des pays qui « amplifie le plus sur le plan scolaire les inégalités sociales avec une part croissante d’élèves en difficulté : 15% en 2000 contre 20% en 2009 ».

9. L'Education nationale a été rabaissée de 28% du budget de l'Etat (en 2007) à 21% du budget de l'Etat (en 2010).

10. Le gouvernement ferme des centres de formation pour psychologues scolaires, comme ceux de Lille, Aix-Marseille et Grenoble en septembre prochain.

11. La réforme de la formation initiale et de recrutement des enseignants des premier et second degrés dite de la « mastérisation », mise en œuvre à compter de la rentrée scolaire 2010-2011 a été qualifiée d'échec par la Cour des Comptes dans son dernier rapport: économies marginales voire incertaines, formation insuffisante des recrues, crise de vocation et chute des candidatures, etc.

12. Nicolas Sarkozy a laissé la violence à l'école s'aggraver . Ainsi, en janvier 2010, des meurtres d'élèves en plein établissement, une première depuis 30 ans, ont provoqué grèves et protestations de parents et de professeurs.

13. En 2008, le camp Sarkozy réfléchissait à introduire la détection puis le fichage des comportements délinquants dès la maternelle.

A Montpellier, un discours... de 2007
La journée avait mal commencé. François Hollande concentrait toutes les attentions. Non seulement était-il 10 heures durant au Salon de l'Agriculture, mais il avait aussi une bombe dans le jardin du candidat du Peuple, taxer les revenus excédentaires à 1 million d'euros à 75%. Au plus fort de la crise de 29, le président américain Franklin D. Roosevelt avait usé de pareilles méthodes. En Allemagne, un représentant de Die Linke s'enthousiasmait. En France, le clan du candidat sortant avait été pris de court.


« Il est possible de changer l'école. Il faut d'abord que nos enseignants exercent leur métier dans de bonnes conditions. » avait-il déclaré à Nantes... le 15 mars 2007. « Les parents sont les premiers responsables de l'éducation de leurs enfants. Ils doivent, par conséquent, pouvoir être plus impliqués dans l'organisation de la vie scolaire » avait-il ajouté quelques jours plus tard en Guadeloupe. Nous étions en 2007. Nous sommes en 2012. Les mots sont les mêmes. Sarkozy a juste oublié qu'il gouverne depuis 5 ans.

A Montpellier, ils étaient tout juste 6.000 militants UMP, coincés dans le Zenith local, dont un millier de jeunes Pop largement filmés pour masquer une assistance majoritairement quinquagénaire. L'estrade était trop grande, le pupitre trônait au centre, on avait repris la décoration des estrades présidentielles pour les déplacements de province: même bâche bleue, les drapeaux français et européen de côté, même pupitre.

Nicolas Sarkozy voulait « poursuivre le duel » avec François Hollande. Sa seule annonce du jour fut une énième variante du « travailler plus pour gagner plus » de 2007. Il osa ainsi ressortir quelques vieilleries de la campagne 2007, tout droit pompées sur sa lettre aux enseignants de l'époque. Que n'avait-il été président depuis 5 ans ?

« Nos enseignants sont mal payés parce qu'ils sont trop nombreux ». Concrètement, il proposa de proposer aux enseignants d'assurer 26 heures de cours par semaine (au lieu de 18, soit une augmentation de 40%) « avec en contrepartie une augmentation de son traitement de 25 %, soit près de 500 € net par mois ». Une mesure qui ne concernait pas le premier degré, furieuse urgence du moment.

« Qui osera être contre ? » scanda-t-il. Qui ? Quelques instants plus tard, la proposition était taclée par un ancien ministre de l'Education nationale de Jacques Chirac. Luc Ferry - c'était lui - expliqua qu'il avait testé la mesure quand il était ministre, et que c'était inutile. Pire, la proposition datait de 2007.

Pour le reste, il répéta quelques idées rabâchées lors de ses voeux à l'Education nationale le 5 janvier dernier: la fin du collège unique, le bac comme outil de sélection (« Le baccalauréat doit être la mesure de la capacité à suivre un enseignement supérieur »), le rapprochement de l'école et du monde du travail ou l'école pour enseigner la « civilisation » et la « hiérarchie des valeurs ».

Il avait quelques portes ouvertes à enfoncer: « on a eu tort de faire baisser l'autorité du maitre, du professeur ». De qui parlait-il ? « Je veux une école du respect ». Avait-il oyblié quel exemple il avait donné depuis 2007, à coup d'insultes en public ?

Il tenta de s'excuser de son calamiteux bilan, en argumentant qu'il avait préféré s'occuper de l'université mais sa priorité d'un second mandat serait l'école, ou plutôt ... le collège. Si le sujet n'était grave, on aurait pu sourire. On croyait que notre Monarque était capable de mille réformes en même temps. Qu'a-t-il donc fait pour les universités qui l'aurait empêché d'agir sur l'école ? Un Grand Emprunt de plus ?

Il enquilla aussi une grosse douzaine de platitudes sur l'école. L'assistance tentait de rester mobilisée: « Je crois dans la valeur de la responsabilité. On est responsable de ses enfants. La société n’est pas responsable de tout. » Qui penserait le contraire ? « L'école de la République, c'est une école laïque.» Ou encore: « L'école, c'est un merveilleux apprentissage de la différence où c'est le coeur qui parle contre les préjugés. » Sans blague ? « L'école ne peut pas remplacer la famille ».... Sans rire ? « Dans la société qui est la notre, on ne tient plus une classe comme on la tenait hier » .

Sans surprise, il termina par une attaque contre la « folie fiscale » de Hollande (?) et son slogan de campagne, déjà esseulé lors des 3 derniers meetings: « Aidez-moi à rendre la France plus forte. Aidez-moi à faire triompher les valeurs qui ont fait la grandeur de notre pays. » L'homme se confondait encore et toujours avec la France.

S'en était devenu lassant.

Mais il y eut plus grave. Tout occupé à faire campagne, bousculé par son principal adversaire, il voulut jouer au chef d'Etat devant quelques journalistes, lors de sa visite d'un internat d'excellence dans l'après-midi: oui, la journaliste Edith Bouvier, blessée vendredi dernier en Syrie était désormais saine et sauve au Liban.

C'était gravement faux. Quelques instants plus tard, alerté par ses communicants, il revint vers la caméra: « J'ai été imprécis tout à l'heure, je m'en excuse auprès de vous ».

La journée était gâchée.

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