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Lundi 19 mars 2012 1 19 /03 /Mars /2012 21:43
- Publié dans : News
Par Sauvons l'Ecole

In Libération

 

C03-01.jpgUn groupe de hauts fonctionnaires de l'Education nationale décrit les raisons de son choix pour l'élection présidentielle.

Par Le groupe Jean ZAY, qu réunit une vingtaine de hauts fonctionnaires de l'Education nationale
 

En nous exprimant publiquement, nous avons conscience du caractère inhabituel de notre démarche. Hauts fonctionnaires du ministère de l'éducation nationale, nous avons le souci de respecter un strict devoir de réserve et d'être parfaitement loyaux à l'égard du ministre, quel qu'il soit. Mais, aujourd'hui, nous estimons que nous avons un devoir de loyauté et de vérité plus grand encore à l'égard des citoyens. A nos concitoyens, et tout particulièrement à nos concitoyens des milieux populaires qui sont les grandes victimes de la politique éducative conduite depuis 2007, nous pensons qu'il est de notre devoir de dire la vérité sur la situation de l'éducation nationale. En dénonçant les risques de la politique actuelle nous voulons en particulier rester fidèles au message humaniste de Jean Zay, ce grand ministre du Front populaire qui est pour nous une référence irremplaçable.

Les problèmes rencontrés par notre école sont profonds et ne datent pas de 2007 ou même de 2002. Le souci bien-fondé des dépenses publiques ne doit cependant pas faire oublier la saignée sans précédent que vient de subir notre école : 77000 postes supprimés entre 2007 et 2012, de l'ordre d'un enseignant sur dix. Partout, des fermetures de classe, des problèmes de remplacement, des manques de personnels d'encadrement éducatif, des suppressions de personnels dans les services académiques, partout un besoin urgent de personnels sociaux et de santé, partout des classes pléthoriques dont la taille nuit à la réussite du plus grand nombre.

Elitisme et individualisme forcené

L'expression retenue par le gouvernement actuel pour décrire le sens de son action, «l'école pour chacun», en lieu et place de «l'école pour tous», cache difficilement le parti pris idéologique d'un élitisme et d'un individualisme forcenés dont seuls les mieux armés dès la naissance peuvent sortir gagnants. Au-delà des mots, c'est la pensée libérale débridée privilégiant la compétition permanente et généralisée qui gagne progressivement la sphère sociale et l'éducation.

Les conséquences de cette politique ont été particulièrement désastreuses. Alors qu'une scolarisation précoce serait essentielle pour la réussite de tous, la quasi-disparition de l'accueil des enfants de moins de trois ans, dont la part est passée de 35% en 2002 à 11% en 2011 signe le choix du renoncement par ce gouvernement à la démocratisation de la réussite scolaire. Quelles conséquences dramatiques pour ceux qui sont marginalisés par la marchandisation de l'école (cours privés défiscalisés, manuels para scolaires...) et qui n'ont plus les mêmes armes pour réussir! Comble du cynisme, dans le temps même où l'on réduisait la durée de la scolarité à l'école maternelle, il s'en est fallu de peu pour que l'on imposât, en grande section, un étiquetage des élèves dits "à risques", voire "à hauts risques". Et que dire des milliers de postes de Rased (Réseaux d'aides spécialisées aux élèves en difficulté) qui ont été supprimés? On sait qui sont les premières victimes quand, à tous les niveaux, les crédits de bourses, de fonds sociaux et d'accompagnement éducatif diminuent.

Le cadeau démagogique et calamiteux du samedi matin

Les dirigeants actuels ont tenté de masquer le caractère profondément injuste de ces choix en faisant aux familles aisées le cadeau démagogique et calamiteux du samedi matin. En compensation, il avait été promis une aide de deux heures pour les élèves en difficulté. Elles ont été placées à la fin d'une journée de classe bien trop longue, au moment où chacun sait que les élèves ont le plus de mal à concentrer leur attention, ou en pleine pause méridienne, alors que toutes les études scientifiques ont établi que les enfants, notamment les plus jeunes, ont besoin de pauses pour bien assimiler les connaissances. Comment s'étonner de l'inefficacité de ces heures?

Que dire encore des programmes de 2008 pour l'école primaire, programmes peu en accord avec le socle commun de connaissances et de compétences qui est pourtant promis à tous? Comment le collège, auquel on a retiré de fait les moyens de faire acquérir ce socle commun, pourrait redresser la situation alors que 40% des élèves, trop souvent issus des milieux les plus défavorisés, arrivent en sixième sans maîtriser suffisamment le français et les mathématiques?

On a cherché dernièrement à rassurer les familles en affirmant que l'échec scolaire reculait! Le ministre actuel est même allé jusqu'à dire que, malgré la diminution du nombre des enseignants, les résultats scolaires s'amélioraient. On souhaiterait évidemment que cela fût vrai. Malheureusement, les évaluations internationales montrent de façon convergente que la place de la France se dégrade et que le nombre de nos élèves en difficulté augmente. Quant aux évaluations nationales en CE1 et en CM2, elles font l'objet de sévères critiques de la part du Haut Conseil de l'Education.

L'abandon du collège unique instituerait en réalité la fin de la scolarité obligatoire à seize ans et le renoncement à l'objectif du socle commun de connaissances et de compétences. La possibilité d'inscription en apprentissage à quatorze ans, permise aujourd'hui par la loi, condamne les élèves en difficulté au cloisonnement social et à l'immobilité professionnelle. Les responsables du ministère confondent ainsi la nécessaire diversité des méthodes d'enseignement avec la création de filières ségrégatives, alors que l'enseignement professionnel prouve qu'il peut être une voie de réussite qu'il faut donc promouvoir. Ce projet absurde est contredit par toutes les études internationales qui montrent les effets bénéfiques d'un tronc commun de scolarité le plus long possible. De plus, cette décision va à l'encontre des intérêts de notre pays: est-ce bien le moment de restreindre l'accès à l'enseignement secondaire aux enfants du peuple, eux qui y ont droit et qui représentent aujourd'hui une formidable chance d'augmenter le nombre de nos diplômés ? Fidèles à l'action de Jean Zay, ministre de l'ouverture à tous de l'accès à l'enseignement secondaire pour, écrit-il dans Souvenirs et solitude, «que les élèves de toute origine [s'y retrouvent] côte à côte», nous ne pouvons que condamner ce projet qui n'est même pas celui d'un « collège pour chacun », mais celui d'un collège du «chacun pour soi».

Très chers internats d'excellence

 La suite...


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Commentaires

J’applaudis sans réserve votre prise de position pour M. François Hollande , en temps que très hauts fonctionnaires … Cela nous indique clairement de quel côté se tournera ce candidat s’il est élu. Cela écrit, je ne suis pas totalement convaincu que M. Hollande propose des réformes qui soient les plus en adéquation avec celles qu’aurait conduites M. Jean Zay, s’il était de notre temps. Je connais un autre personnage  - candidat qui conduit un programme davantage "Jean Zay compatible", si vous me permettez cette formule. J'espère quand même que vous n'éprouvez pas de détestation pour lui au prétexte qu'il a affirmé que les fonctionnaires, c'était fait pour obéir. Point !

Commentaire n°1 posté par Pierre Davoust le 20/03/2012 à 07h48

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