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24 mars 2013 7 24 /03 /mars /2013 16:21

In Lebiendezenfants

 

C03-24Sérieusement, qui peut croire que le fait de supprimer la journée de récupération du milieu de semaine pour les élèves et les enseignants peut avoir pour conséquence l’amélioration des résultats scolaires ?
Personne … et surtout pas nos éminents chronobiologistes, que l’on n’entend d’ailleurs plus s’exprimer sur ce sujet depuis un bon moment.

Même les enfants qui passent le mercredi au centre de loisirs se libèrent l’esprit en pensant à autre chose que les math et le français. Quant aux enseignants, se retrouver cinq jours d’affilé devant trente élèves, avec la tension nerveuse et infections virales qui en découlent, comment espérer qu’ils soient en forme pour s’occuper correctement de nos enfants.

Mon médecin est un très bon praticien, mais il a ce défaut d’être très bavard. Or il se trouve qu’il compte parmi ses patients quelqu’un d’assez haut placé dans l’Education Nationale qui s’est laissé aller à quelques confidences sur l’avenir de l’école primaire en France.
Sachant que je suis du métier, mon médecin a eu l’indélicatesse de tout me répéter.Et là, on comprend tout.
Non, nos dirigeants n’ont pas perdu leur bon sens ; simplement ils obéissent… à d’autres logiques.

En réalité, la réforme des rythmes scolaires n’est que la première étape d’un plan qui vise à la territorialisation des enseignants du primaire. En clair, cela signifie que les professeurs des écoles sont destinés à moyen terme, à être recrutés, rémunérés et éventuellement révoqués par les collectivités locales, en vertu d’un certain Acte III de Décentralisation (1).
C’est malheureusement ce qu’il fallait entendre par « refondation de l’école », terme si vague que tout un chacun pouvait, au moment des élections, y greffer tous ses espoirs s’agissant de l’école primaire.

Alors quel rapport entre l’organisation de la semaine de classe et le statut des enseignants du primaires ?
La réforme des rythmes scolaires vise uniquement à introduire la prérogative des communes dans la définition des obligations de service des professeurs des écoles, par le biais du Plan Educatif Territorial ( Article 46 ).
Une fois le doigt coincé dans l’engrenage, cette prérogative est destinée à s’accroître progressivement, jusqu’à ce que la « logique », et des « contraintes de gestion efficace » du système éducatif imposent que les enseignants du primaire passent totalement sous la tutelle des communes. En effet, comment pourra-t-on justifier que l’on conserve un statut national à un corps qui présentera autant de disparités à travers le territoire ? Déjà il est prévu que les communes pourront demander des dérogations pour remplacer le mercredi matin par le samedi matin.

Pour être convaincu de cela, il n’y a qu’à se référer au dépliant de la Ville de Paris distribué dans les écoles en novembre 2012, intitulé « L’école à Paris, qui fait quoi ? » (2), qui présente clairement l’école comme le « fait » de la municipalité ( vaste lieu de vie, de garderie, de loisirs, de culture, de restauration et aussi d’enseignement ) et faisant apparaître les enseignants et directeurs d’écoles littéralement en marge du système, comme des anomalies du fait qu’ils sont encore gérés par l’Etat.

Gageons qu’à terme, si tout se passe comme ils le prévoient, tout enseignant du primaire désirant légitimement exercer ses talents dans une école, devra faire acte de candidature auprès des services compétents des municipalités visées, avec CV et lettre de motivation, et aussi se montrer convaincant durant ses entretiens d’embauche.
Une pression incroyable s’exercera alors sur les heureux élus qui auront réussi à convaincre la majorité des membres d’un conseil d’administration, présidé par le Principal du collège référant (Article 40), et où siégeront des représentants de la commune, des parents d’élèves, et des diverses associations locales ( et même des fondations d’entreprises) avec lesquels l’enseignant sera contraint de travailler en bonne intelligence. (3)
Surtout, il faut s’attendre à ce que les collègues qui ne plairont plus, pour des raisons diverses et variées, aux électeurs de monsieur le maire, soient priés d’aller se trouver des élèves ailleurs.
Comment un enseignant pourra-t-il exercer son métier en toute quiétude s’il est tiraillé sans cesse par les intérêts divergeants des uns et des autres.

Comme vous êtes très pragmatiques, vous vous dîtes que les communes ne pourront pas financer les salaires de tous les professeurs nécessaires à l’instruction de tous leurs administrés.
Bien sûr, l’Etat subventionnera cette révolution, au début (Article 47).
Puis les aides de l’Etat diminueront à mesure que les impôts locaux augmenteront.

Mais comme, de toutes façons, le compte n’y sera pas, les effectifs des classes exploseront, les conditions d’enseignement se dégraderont comme jamais. Ainsi, les parents d’élèves devront chercher des conditions descentes d’enseignement pour leurs enfants dans le secteur privé, qui se développera de plus en plus, au détriment de l’école publique.
L’école publique est donc destinée à devenir une vaste garderie, avec des effectifs encore plus élevés qu’à l’heure actuelle, sans moyens financiers, qui accueillera les enfants des pauvres gens qui n’auront pas les moyens d’envoyer leurs enfant dans l’enseignement privé.

Cela s’appelle la privatisation progressive de l’école.

Mais c’est impossible voyons ! L’école ne peut pas être privatisée. Pas plus que le courrier, les télécommunications, le gaz, le transport ferroviaire ; pas plus que les autoroutes, le système des retraites ou l’assurance maladie. Cela n’existe nulle part et on ne trouvera jamais d’investisseurs intéressés par ces secteurs, qui seraient prêts à faire du lobbying auprès des instances européennes afin d’obtenir cela de nos Etats et ainsi, récupérer de nouveaux marchés. Impossible je vous dis !

Alors quoi ? Il s’agit simplement de savoir si les élèves et les enseignants vont revenir à l’école une demie-journée de plus ?  Comme j’aimerais que ce ne soit que cela…


(1) 
http://lebiendezenfants.clicforum.fr/t60-Elle-a-vendu-la-meche-a-la-tele-a-…
(2)  
http://lebiendezenfants.clicforum.fr/t81-Ville-de-Paris-la-propagande-est-e…
(3) 
http://lebiendezenfants.clicforum.fr/t115-Il-faut-lutter-contre-la-mise-en-…

(Article 46 ):

Article 46

L’article L. 551-1 est ainsi modifié :
 
1° Au premier alinéa, les mots : « Des activités périscolaires prolongeant le service public de l’éducation peuvent être organisées avec le concours notamment des administrations, des collectivités territoriales » sont remplacés par les mots : « Des activités périscolaires prolongeant le service public de l’éducation, et en complémentarité avec lui, peuvent être organisées dans le cadre d’un projet éducatif territorial associant notamment aux services et établissements relevant du ministre chargé de l’éducation nationale d’autres administrations, des collectivités territoriales » ;

2° Dans la première phrase du second alinéa, les mots : « Elles visent » sont remplacés par les mots : « Le projet éducatif territorial vise » et, après le mot : « pratiques » sont insérés les mots : « et activités ».



(Article 40) :
Article 40

Il est ajouté au titre préliminaire du livre IV un article L. 401-4 ainsi rédigé :

« Art. L. 401-4. – Il est institué, dans chaque secteur de recrutement d’un collège, un conseil école-collège. Celui-ci propose au conseil d’administration du collège et aux conseils des écoles de ce secteur des enseignements et des projets pédagogiques communs visant à l’acquisition par les élèves du socle commun de connaissances, de compétences et de culture prévu par l’article L. 122-1-1. La composition et les modalités de fonctionnement du conseil école-collège sont fixées par décret. »


(Article 47):
Article 47

Il est institué pour les années scolaires 2013-2014 et 2014-2015 un fonds en faveur des communes et, lorsque les dépenses de fonctionnement des écoles leur ont été transférées, des établissements publics de coopération intercommunale afin de contribuer au développement d’une offre d’activités périscolaires au bénéfice des élèves des écoles maternelles et élémentaires publiques ou privées sous contrat, dont les enseignements sont répartis sur neuf demi-journées par semaine.

Les aides apportées par le fonds sont calculées en fonction du nombre d’élèves éligibles scolarisés dans la commune ou les communes membres de l’établissement de coopération intercommunale et comportent :

1° Un montant forfaitaire par élève versé aux communes et aux établissements publics de coopération intercommunale dont les écoles organisent les enseignements sur neuf demi-journées à la rentrée scolaire 2013-2014. Le versement de ce montant forfaitaire ne peut être renouvelé au titre de l’année 2014-2015 ;

2° Une majoration forfaitaire par élève réservée aux communes mentionnées au 1° de l’article L. 2334-18-4 et à l’article L. 2334-22-1 du code général des collectivités territoriales ainsi qu’aux communes des départements d’outre-mer bénéficiant de la quote-part de la dotation d’aménagement prévue au quatrième alinéa de l’article L. 2334-13 du même code. Pour les communes dont les écoles organisent les enseignements sur neuf demi-journées à la rentrée scolaire 2013-2014, le versement de cette majoration forfaitaire est reconduit au titre de l’année 2014-2015. Les communes dont les écoles organisent les enseignements sur neuf demi-journées à compter de la rentrée 2014 2015 bénéficient de la majoration au titre de cette année.

La gestion du fonds est confiée à l’Agence de services et de paiement, pour le compte de l’État.

Un décret en Conseil d’État fixe les modalités d’application du présent article. Il précise notamment les modalités d’attribution du fonds.



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Published by Sauvons l'Ecole - dans News
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