«Si tu veux faire not' bonheur, Marie-Jeanneu ! Marie-Jeanneu ! Si tu veux faire not' bonheur, Marie-Jeanne, rends nous nos heures !». Ils chantent, déchaînés, déguisés, joyeux et bruyants devant le rectorat de Lille, ce matin. Leur cible, Marie-Jeanne Philippe, la rectrice de l'académie de Lille. Les lycéens de Pasteur protestent contre la suppression de cinq à six postes de profs l'année prochaine. Et le passage, selon les profs grévistes, «de 25 à 35 élèves», dans les classes de première.
Ils forment une masse compacte, devant les grilles. De temps en temps un jeune se détache du groupe, prend son élan, et lance une palme de natation. «On rend les palmes», sourit Mireille Vitel, une enseignante gréviste. Et une, et deux, et trois palmes, le plus loin possible. Applaudissements. Le groupe se lance dans une espèce de ronde sioux, tambourins à la main. Les policiers en tenue observent de loin.
«On est profondément choqué par ce qui se passe», dit Clémence, en 1ère L, une perruque couleur arc-en-ciel sur la tête. «Trente-cinq par classe c'est ingérable. Vous imaginez en physique-chimie ? On soutient au maximum nos profs, et les élèves qui vont subir cette réforme».







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