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14 novembre 2011 1 14 /11 /novembre /2011 07:58

 

 

 

In Café Pédagogique

 

Comment une réforme présentée comme une meilleure prise en charge des élèves peut-elle se retourner contre eux ? Un exemple en est donné au lycée Balzac à Paris. Aujourd'hui à 11 heures, les parents et enseignants de ce lycée parisien se rappellent à Luc Chatel en manifestant rue de Grenelle. Depuis le 3 novembre le lycée est en grève. Et il semble bien que le vrai motif de la grève soit l'application de la réforme du lycée.

 

Ce dont se plaignent les enseignants de Balzac c'est le désordre installé dans l'établissement. Après bien des erreurs, les élèves disposent maintenant d'emplois du temps stabilisés mais effrayants. Telle classe commence le jeudi au lycée à 8 h, finit à 17h30 pour... 3 heures de cours. Telle autre a 11 heures de trou dans la semaine sans que le lycée puisse offrir des salles de permanence surveillées en nombre suffisant. Des élèves ont moins de 30 minutes pour déjeuner. Et les parents supplient les enseignants de ne pas donner trop de devoirs les jeunes rentrant quotidiennement tard le soir sans avoir pu s'avancer dans leur travail.

 

La personnalisation m'a tuer. Ce qui est  directement en cause à Balzac c'est la "personnalisation" de l'enseignement. Présentée comme la "3ème révolution pédagogique" par Luc Chatel, on a en son nom multiplié les enseignements en groupe. Groupes pour l'accompagnement personnalisé, pour les langues, pour les enseignements d'exploration ou de spécialité par exemple. A Balzac, un chef d'établissement particulièrement zélé a ainsi constitué pas moins de 255 groupes pour 900 élèves ! Dans le même esprit, les classes ont été constituées en regroupant des élèves de filières différentes (L, ES et S mélangés) auxquels s'ajoutent à Balzac les élèves en filière internationale (la moitié) et les autres. Résultat : en dehors du français et des maths, les élèves d'une même classe ne sont jamais ensemble. Les enseignants gèrent des regroupements de hasard et ne peuvent plus suivre en équipe les élèves.

 

A quoi sert la classe ? Pour Liliane Bas, professeur à Balzac, la classe est pourtant nécessaire. "C'est elle qui apprend aux élèves le vivre ensemble. Elle donne de la cohésion au groupe", nous dit-elle. "Pour les enseignants elle est indispensable pour monter un projet. Pour un simple voyage à l'étranger, partir en classe ou avec des élèves individuels ce n'est pas du tout la même chose". Ajoutons qu'en détruisant la classe et la stabilité qu'elle apporte elle a affaibli les capacités de progression des élèves, réduit l'influence bénéfique des adultes sur eux et multiplié les occasions de séchage de cours. "Les élèves ne s'y retrouvent pas, ils ne savent souvent pas où aller", nous confie L. Bas.

 

D'autres pays ont fait le choix de sacraliser la classe. Si la classe existe dans la quasi totalité des systèmes éducatifs, le Danemark a sanctuarisé son existence. Du CP à la fin du collège, les enfants danois font partie de la même classe et sont suivis par les mêmes enseignants (cf Perle Mohl dans "Pédagogues de l'extrême (ESF éditeur 2011). L'enseignement repose sur cette aventure commune d'un groupe qui grandira ensemble (il n'y a ni évaluation notée, ni redoublement) , accompagné par les mêmes adultes. Les résultats scolaires ne sont pas plus mauvais qu'en France, par contre les Danois sont premiers sur l'échelle de la qualité de vie à l'école quand les Français sont derniers.

 

Pourquoi avoir démoli la classe ? Cette démolition est poussée à l'extrême à Balzac. Ailleurs les chefs d'établissement ont généralement été plus raisonnables, ou moins zélés, et ont veillé aux équilibres dans leur établissement. Ce que fait apparaitre Balzac c'est que la personnalisation peut se faire au détriment des jeunes. Le premier moteur de la rupture des classes c'est les économies qu'elle permet. En brassant les élèves par groupe , en mélangeant ainsi toutes les filières, on arrive à avoir en permanence 35 ou 36 élèves devant chaque professeur. On économise donc des postes. Mais la personnalisation a un autre moteur. Elle se méfie du groupe et valorise la responsabilité de l'individu. Dans cet effacement des repères, certains savent tirer leur épingle du jeu et s'adapter. Ce sont les élèves qui ont le moins besoin de l'encadrement scolaire. Ainsi ce système aggrave les inégalités et creuse les écarts. Les petites économies ne profitent pas à tous...

 


Communiqué

GRAVES INCIDENTS A LA CITE SCOLAIRE BALZAC EN GRÈVE AUJOURD’HUI

 Ce matin les lycéens formaient une chaîne humaine pacifique pour bloquer l’entrée de la cité scolaire Honoré de Balzac (Paris 17ème) en soutien à leurs professeurs en grève. La proviseure a fait appel aux forces de l’ordre : un élève mineur a été molesté violemment par cinq policiers, menotté et placé en garde à vue. D’autres élèves ont été blessés dont une élève de seconde grièvement à la jambe.

Aujourd’hui la cité scolaire Honoré de Balzac était en effet à nouveau en grève suite aux dysfonctionnements toujours non réglés de la rentrée. Après deux courriers envoyés en septembre par les enseignants au Rectorat laissés sans réponse, après deux journées de grève, après une audience vendredi avec le Directeur de l’Académie, aucune proposition valable n’a été faite par l’Inspecteur d’Académie, vu ce matin.

Les élèves et les personnels sont indignés que les seules réponses apportées à des revendications légitimes (manque de moyens et gestion locale désastreuse) soient l’inertie du Rectorat de Paris ou la violence policière. Une fois encore la proviseure a fait la démonstration de son incapacité à mener à bien ses missions.

Devant la souffrance des élèves et de l’ensemble des personnels de la cité scolaire, les seuls moyens à ce jour d’apaiser la situation, sont le départ de l’actuel chef d’établissement et l’obtention des moyens humains demandés (une infirmière, une documentaliste, un professeur de Français langue étrangère, des surveillants, un agent d’accueil, du personnel administratif, des possibilités de dédoublement pour les classes surchargées et le maintien du poste à temps complet à la reprographie).

 LES ENSEIGNANTS RECONDUISENT LA GRÈVE MERCREDI 9 NOVEMBRE

Paris 8 novembre 16h,  Les personnels en grève


Intervention policière musclée devant un lycée parisien

lexpress.fr

(…) Manifestation musclée devant le lycée Honoré de Balzac à Paris(XVIIe). Les forces de l’ordre sont intervenues ce mardi pour forcer l’entrée de l’établissement scolaire, bloquée depuis le début de matinée par les professeurs et les élèves.  (…)

Jusqu’à l’intervention des forces de l’ordre vers 10 heures pour débloquer l’établissement. Des heurts ont alors opposé une dizaine de policiers aux manifestants. Une élève aurait le tibia cassé par une lampe torche d’un policier. Un de ses camarades, âgé de 17 ans, se serait ouvert l’arcade sourcilière. Ce dernier a été conduit au service médico-judiciaire de l’hôpital de l’Hôtel-Dieu pour faire constater ces blessures. Il devrait être entendu dans la journée au commissariat du XVIIe arrondissement.  Lire l’article…

commentaires

skrobek 15/11/2011 19:04



la classe avec ses notes, le classemennt de ses élèves, son tri pour l'orientation et sa progression pédagogique unique est la mère d'un parcours pédagogique solitaire.


Elle est génératrice des échecs et de l'ennui ses élèves.


Si l'apprentissage de la langue maternelle se faisait par "classe de niveau" les enfants parleraient vers 16 ans.



Qui êtes vous ?
Vous êtes :
Un enseignant du premier degré
Un enseignant du second degré
Un étudiant
Un lycéen
Un parent d"élève
Un simple citoyen
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Un enseignant à l'université
Un fonctionnaire de l'EN (non enseignant) : encadrement, Biatos...
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