
Eddy Khaldi et Muriel Fitoussi,
Main basse sur l'école
Démopolis, 2008

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Première semaine rue de Grenelle et... premier dossier brûlant sur le bureau du nouveau ministre de l'Education, Luc Chatel. Remontés après l'annonce de 16.000
suppressions de postes au budget 2010, la gauche et les syndicats d'enseignants ont enfourché un nouveau cheval de bataille : le sort réservé aux 34.000 emplois de vie scolaire (EVS et AVS) dont
le contrat s'est achevé hier. Le président PS du Conseil régional d'Ile-de-France Jean-Paul Huchon a dénoncé « le plus grand plan social depuis le début de la crise, initié par l'Etat
lui-même ». Quant aux syndicats, pétitions en main, ils devaient mettre le sujet sur la table lors de leur rencontre avec Luc Chatel, hier. « Nous attendons un signe d'apaisement
d'autant qu'il y a de nombreux sujets de conflits : rythmes scolaires, suppressions de postes, formation des maîtres... », plaide Gilles Moindrot, secrétaire national du SNUipp-FSU. Sans
aller jusqu'à réclamer leur titularisation, les syndicats souhaitent que le ministère « pérennise quelques années » les contrats de ces personnels créés en 2006 dans le cadre du plan
Borloo pour seconder les directeurs d'école et aider les élèves handicapés. Embauchés à mi-temps sur des contrats aidés de deux ou trois ans renouvelables une fois, les EVS, présentaient un
profil atypique pour l'Education nationale - RMIstes, handicapés... Ils sont devenus au fil des ans « opérationnels », et les enseignants rechignent à changer de recrue.
Volonté d'apaisement
Hier, devant l'Assemblée, Luc Chatel s'est employé à distiller un message ferme mais apaisant. « Ces emplois étaient des CDD de trois ans renouvelable une fois (...), les choses
étaient claires depuis le début », a-t-il affirmé, précisant toutefois que « 18.000 des 34.000 » contrats - ceux qui peuvent légalement l'être - seraient « renouvelés ». Il
a aussi rappelé que si les personnels partent, les contrats, eux, demeurent : « Il y aura toujours autant d'AVS à la rentrée », a-t-il promis. L'Education nationale a d'ailleurs commencé
une nouvelle vague de recrutements.
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