Eddy Khaldi et Muriel Fitoussi,
 Main basse sur l'école
 Démopolis, 2008




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Samedi 10 janvier 2009
- Publié dans : IUFM
Par Sauvons l'Ecole

Je souhaite apporter ma modeste contribution au démantèlement de l'école, telle qu'il arrive, telle qu'il est programmé en réalité.

Je viens d'apprendre par un enseignant d'IUFM que le concours pour devenir professeur des écoles sera supprimé l'année prochaine. Et le capes et l'agrégation c'est pour quand ?

Cela signifie concrètement "la fin des fonctionnaires dans l'éducation nationale" et un recrutement par contrat en fonction des besoins. Deux catégories cohabiteront : ceux qui ont eu la possibilité de devenir fonctionnaire en étant recrutés sur concours  (les derniers seront les promus de cette année 2009 avec la réduction du nombre de poste que l'on sait , 30% ans certaines académies) et les autres.

Certaines écoles d'ingénieurs en France et j'imagine des universités fonctionnent depuis longtemps ainsi : un nombre restreint de titulaires en poste formant le noyau dur de l'équipe et un nombre croissant de vacataires recrutés à l'année (en particulier en langues) en fonction des besoins.

Ce futur système me rappelle celui de l'Angleterre : là-bas, le directeur d'une école est déjà un gestionnaire qui recrute ses futurs enseignants en fonction de son projet d'école : celui qui arrive à être embauché doit donc correspondre aux attentes du directeur et sera licencié si ses résultats ne sont pas à la hauteur des exigences, si ses fiches de préparation ne sont pas conformes !  Il y a donc des enseignants au chômage en nombre chez nos voisins européens : tous ceux qui ont ce diplôme sans pouvoir correspondre aux missions qu'on exige d'eux, qui n'ont pas la formation initiale requise notamment.

Aucun média ne parle vraiment de ce futur qui en fait sonne le glas des fonctionnaires de l'éducation nationale en France et qui est déjà à l'oeuvre dans certaines autres branches ( dans le bâtiment avec la fin des contrats de fonctionnaires dans les OPDH).  A terme c'est à dire dans une trentaine d'années, quand les derniers enseignants fonctionnaires seront partis à la retraite, il n'y en aura plus aucun.


Quand un pays connaît une crise, évidemment c'est plus avantageux financièrement permet le turn-over, bref c'est le système privé de l'éducation en fin de compte qui est programmé.

Quel gâchis : les bâtiments quasiment neufs des IUFM vidés, des intervenants spécialisés en langue vivante non reconduits l'année prochaine, sans parler des Rased et autres animateurs en musique, danse, des bibliothécaires, qui fournissent un travail remarquable de soutien pédagogique, d'ouverture culturelle  et d'intelligence sensible à coté des enseignants et qui voient leur nombre d'heures diminué, leur contrats se réduire comme une peau de chagrin, leur poste supprimé.

Une fois que ce système est en place, difficile pour tout autre gouvernement de rétablir la situation précédente, de revenir en arrière, de recruter à nouveau des fonctionnaires.

Que font les responsables de l'opposition ? Sont-ils censurés ?

S.M.


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