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13 novembre 2008 4 13 /11 /novembre /2008 17:36

L'article date de septembre mais reste d'actualité !

In Mediapart
par Sébatien Rome (directeur d'école élémentaire ZEP/REP)

"Le gouvernement va mettre en place un large plan d'économie dans l'Education nationale en réduisant la scolarité des élèves. Progressivement, les élèves de deux ans puis de trois ans et enfin de quatre ans ne seront plus accueillis à l'école maternelle. Le plan en préparation depuis plusieurs mois à Bercy sera bientôt mis en œuvre. En effet, la Caisse d'allocations familiales de Montpellier vient d'annoncer aux crèches et aux PMI qu'elles devraient s'apprêter à accueillir (ou plutôt garder en leur sein) les enfants de 2/3 ans à la rentrée 2009 puis, à terme, les enfants de 3/4 ans.

C'est un responsable d'une structure d'accueil de jeunes enfants présent à la réunion qui m'a donné cette information.

Une tendance de fond et une accélération récente

En France, depuis les années 90, le taux de scolarisation des 3 ans avoisine les 100%. De nombreux rapports ont souligné les liens qui existaient entre le haut taux de natalité en France et cet accueil gratuit de qualité et très bien réparti sur le territoire. Par contre, une interrogation constante a toujours accompagné la scolarisation des 2 ans. Liée à la création des ZEP où elle s'est le plus effectuée, la scolarisation des deux ans a pour but principal de faire parler français des élèves qui n'auraient pas ce bagage à la maison. Cette scolarisation existe aussi dans les zones rurales où elle est une solution de mode de garde pour les parents. Depuis 2000, leur scolarisation a chuté. Ceci s'explique par le fait que ces élèves ne sont plus pris en compte par l'administration dans le calcul du nombre moyen d'élèves par classe qui détermine une ouverture ou une fermeture d'une classe. Ainsi, après une fermeture, les écoles ne peuvent accueillir ces élèves que dans la limite des places disponibles, même dans les zones les plus en difficulté.

X. Darcos, auditionné par l'Assemblée nationale sur l'exécution du budget 2007, a bien résumé l'état d'esprit actuel sur cette question : « comme père, je ne crois pas à l'efficacité de la scolarisation à deux ans ». Effectivement, la première rentrée pour les parents est toujours difficile même quand on se destine aux plus hautes fonctions de l'Etat. Se séparer d'avec son enfant alors que l'on est encore en pleine « fusion » avec lui quelle douleur ! (aller faire un tour lors de la prochaine rentrée devant les écoles maternelles...).

Pour être plus sérieux que X. Darcos qui ne fait appel qu'à ses sentiments de père pour juger de l'avenir socio-économique de la France et de sa place dans le monde car, c'est bien cela le sujet, on lira à profit le n°66 de Education et Formation de 2003 tiré du site du même du Ministère et qui fait le point sur la scolarisation en maternelle. La question y est clairement posée : « Faut-il développer la scolarisation à deux ans ? ». La synthèse développe son argumentaire en deux points. Le premier indique que « globalement l’avantage dû à une entrée à l’école maternelle à deux ans semble relativement faible. » (je souligne) et seconde que ce sont « les élèves des ZEP, ceux des catégories sociales défavorisées, mais aussi ceux des catégories sociales les plus favorisées, bénéficieraient le plus d’une scolarisation très précoce. ». Par ailleurs, les auteurs affirment données à l'appui que «l’effet bénéfique d’une scolarité maternelle longue peut se constater et les quelques élèves qui sont entrés en maternelle à quatre ans ou plus seulement, redoublent le CP ou le CE1 pratiquement deux fois plus que ceux entrés à trois ans. Lorsque l’on sait que les élèves qui redoublent le CP ou le CE1 ont des carrières scolaires plus difficiles et quittent plus souvent le système éducatif sans qualification que les autres, il apparaît nettement qu’une scolarisation longue en maternelle contribue à améliorer à la fois le devenir scolaire des élèves qui en ont bénéficié et l’efficacité globale du système éducatif. ». Le rapport préconise une politique volontariste pour favoriser l'accueil des deux ans en ZEP qui passerait par l'amélioration de la qualité de l'accueil.

Avec de tels rapports sur les effets bénéfiques de l'école maternelle, dont on dit que le monde nous envie, on comprend que le Ministre ait estimé le 3 juillet 2008 devant les sénateurs « que l'organisation de l'école pré-élémentaire [...] était difficile compte tenu de son caractère passionnel. ». (retenez bien ce mot de « pré-élémentaire », il servira à faire une distinction entre l'école « pré-élementaire » et l'école maternelle devenant synonyme de « jardin d'enfants » à l'allemande) A cette occasion, le Président du Sénat, Jean Arthuis, « a rappelé que la commission étudierait plus particulièrement la question de l'école maternelle à l'automne 2008 ». C'est à cette occasion que les attaques contre l'école maternelle seront portées.

 
Quels seront les apprentissages qui manqueront aux élèves ? Principalement, et c'est essentiel, le fait d'être élève (se tenir sur une chaise mais aussi ne pas mordre le copain, attendre son tour, ne pas crier pour prendre la parole...tout ce que l'on ne peut pas apprendre si l'on reste seul avec sa maman en relation duelle). L'autre apprentissage est la constitution d'un stock suffisant de mots pour aborder la lecture. Là, les inégalités sociales joueront encore plus à fond.


J'ai eu connaissance de cette information il y a quelques mois, en apprenant que Bercy travaillait sur le sujet mais, je l'avoue, je ne l'ai pas pris au sérieux. Un ballon d'essai avais-je dit ! Les objectifs d'accueil des enfants affichés par la CAF de Montpellier prouvent qu'il n'en est rien. Depuis que nous savons que « désormais, quand il y a une grève, personne ne s'en aperçoit », que « la France est en train de changer » et cela « beaucoup plus profondément qu'on ne le croit », plus rien n'est impossible ou, au contraire, « TOUT EST POSSIBLE ».

Après le « Munich pédagogique », la « campagne de Pologne contre l'école »

Antoine Prost nous a avertis qu'une ligne jaune avait été peut-être franchi par la réduction du nombre de jours de classe, nous pouvons affirmer que les offensives ne font que débuter selon les principes déjà éprouvés du « Blitzkrieg » (guerre éclair) politique. Le monde enseignant est encore derrière sa ligne Maginot. Il reste encore peu de temps avant que le dernier coup soit porté.
-élementaire » et l'école maternelle devenant synonyme de « jardin d'enfants » à l'allemande) A cette occasion, le Président du Sénat, Jean Arthuis, « a rappelé que la commission étudierait plus particulièrement la question de l'école maternelle à l'automne 2008 ». C'est à cette occasion que les attaques contre l'école maternelle seront portées. "


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