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5 avril 2019 5 05 /04 /avril /2019 13:59
Les ratés de la méthode Blanquer

In Alternatives Economiques

Loi sur l’école de la confiance, réforme du lycée, dédoublement des CP et CE1 : après avoir subjugué, le zèle réformateur du ministre de l’Education nationale coalise les mécontentements.

Lorsque le projet de « loi pour une école de la Confiance » a été présenté à l’Assemblée nationale à la fin du mois de janvier, beaucoup la considérait comme une loi mineure. Une sorte de « cavalier législatif » destiné avant tout à faire passer par la loi la promesse présidentielle d’extension de l’instruction obligatoire à 3 ans. Mais on a découvert petit à petit que ses 25 articles abordent bien d’autres sujets. C’est donc loin d’être « une loi pour rien ».

La méthode du stratège (et joueur d’échecs) Blanquer est d’avancer ses pions les uns après les autres en pariant sur la sidération du monde enseignant pour transformer durablement le système. Raté ! Cette séquence a au contraire cristallisé les colères et l’expression d’un malaise présent depuis longtemps. La grève du jeudi 4 avril n’est qu’une des expressions d’une contestation qui prend des formes très diverses et s’exprime bien au-delà des seules actions syndicales traditionnelles.

Une stratégie à bout de souffle

Jean-Michel Blanquer, lorsqu’il est arrivé dans un ministère qu’il connaissait bien pour en avoir été le numéro 2 (Dgesco), a commencé par affirmer qu’il n’y aurait pas de loi qui porterait son nom et que son action serait dictée par le pragmatisme. Mais il arrivait aussi avec deux livres qui détaillaient son projet pour l’école. Emmanuel Macron, lui, n’avait fait que quelques rares promesses dans ce domaine qui l’intéresse peu. Le ministre avait donc toute latitude pour agir à sa guise.

Il a commencé par annuler les réformes précédentes ou en réduire la portée – notamment celles, très polémiques, sur les rythmes scolaires et la réforme du collège. Ça lui a valu un surnom (« Control-Z »), mais aussi l’indulgence d’une partie de l’opinion enseignante. Il s’est employé ensuite à cocher les cases des promesses hétéroclites du candidat Macron : priorité à l’école primaire, interdiction des portables, CP-CE1 à 12, dispositif « devoirs faits », « modernisation » du baccalauréat, service national universel… Cela ne s’est pas fait sans mal, même si la méthode est éprouvée et a même été théorisée par Nicolas Sarkozy : « une carte postale par jour ». Autrement dit, on fait des annonces à un rythme soutenu, ce qui empêche de réagir et contribue à l’effet de sidération recherché.

Faute de moyens humains et de locaux, le dédoublement des CP et CE1 a été ajourné en Seine-Saint-Denis. On n’avait pas suffisamment anticipé certaines contraintes

Cette méthode semble aujourd’hui marquer le pas. D’abord parce que certaines mesures, tout sauf anodines, auraient mérité d’être mieux préparées. Le dédoublement des CP et CE1 de l’éducation prioritaire, mesure « sociale » assez consensuelle, trouve aujourd’hui ses limites aussi bien pédagogiques que politiques. Faute de moyens humains et de locaux, la mesure a par exemple été ajournée en Seine-Saint-Denis, département qui concentre les plus grandes difficultés scolaires. On n’avait pas suffisamment anticipé ces contraintes. C’est aussi le cas de la réforme du bac et du lycée, dont l’échéance (nouveau bac en juin 2021) est dictée par l’impératif électoral de l’élection présidentielle en 2022. Des points essentiels tels que les modalités des épreuves du bac ne sont toujours pas réglées.

 

C’est d’ailleurs un paradoxe étonnant. Le technocrate Blanquer, ayant déjà longuement réfléchi sur le système (3 livres sur le sujet à son actif), etait arrivé précédé d’une réputation de compétence et de connaissance approfondie du système. Or il nous propose des réformes marquées par la précipitation et l’impréparation. La fin de la méthode est aussi la fin d’une imposture...

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